L’ivresse de l’amour

Non… Mesdames et Messieurs, je ne suis pas alcoolique. C’est juste que les circonstances m’ont fait penser à ça! Enjoy !

C’est par un soir de Mélancolie, que je t’ai regardée du haut de mes paroles blessantes. Posée sur l’étagère, tu me narguais. J’ai décidé de te prendre. De te voler pour volEr. Tu m’as tentée. Je t’ai d’abord longtemps scrutée, je me suis approchée à pas de loup, j’ai déposé une main pleine de culpabilité sur ton corps. Je t’ai d’abord caressée, comme une voleuse prête à s’enfuir en déclinant toute responsabilité. Je t’ai saisie, je t’ai sentie pour voir quel Parfum tu avais. Mais je ne pouvais pas sentir une once d’effluves à cause de cette barrière qui m’empêchait de rêver.

Alors je t’ai délicatement ouverte. Des paroles se sont écHappées de tout ton intérieur. J’étais comme pétrifiée. J’ai pris un verre et j’y ai déversé un flot de tes vers. Je l’ai porté à mon nez, l’odeur m’a fait tourner la tête. J’ai bu tes mots comme la pire des gourmandes. Ils ont d’abord effleurés mes lèvres, ils ont continué leur parcours en chatouillant ma langue, puis, ils ont griffé mon cou en restant en travers de celui-ci et ils ont fini par tomber dans mon ventre dans un éclat de papillonS. J’ai vacillé. Je me suis retenue à la chaise qui se tenait debout sans problème à côté de moi…. Saloperie de chaise! Comment tu fais pour tenir debout !? J’ai renversé la chaise.

Après, j’ai commencé à te parler. En te racontant mes petits secreTs et en comptant toutes les fois où je me suis surprise à te faire cOnfiance et à aimer tes vers.

Un verre. Deux verres. Trois verres. Quatre verres. Cinq ou six. Six. Ah nan, c’était cinq, j’en suis sûre! Sept et huit. Onze. Quatorze vers. Vingt. Treize et seize. Quarante-deux. Un. Un an. Tu fus vide à un moment. J’ai commencé à froncer les sourcils en te regardant. Tu me saoule saloPerie de ‘teille de rouge! En plus t’es vide, maintenant! Je t’ai jeté parterre. Tu t’es cassée. Je t’ai cassée. J’ai pleuré. J’ai essayé de ramasser les pots cassés mais je ne savais pas comment faire. Alors j’ai cassé le verre dans lequel quelques gouttes de tes vers toucHaient le fond. J’ai pleuré deux fois plus. Je me suis excusée. J’ai essayé de tout recoller. Faut croire que je ne suis pas allée dans le bon supermarché et que je n’ai pas acheté la bonne colle. Le vendeur m’a d’ailleurs demandé si j’avais besoin d’aide ou d’un quelconque numéro de téléphonE pour contacter “Les mélancoliques anonymes”. Tu m’la vends ta colle ou j’t'en colle deux, trois qui te la fermeront ?

J’ai mis de la colle partout. Sur mes mots aussi. Sur les vers. Sur mon mur. J’y ai collé des Tours EiffeL. J’ai même essayé de recoller mon cœur, alors j’ai mangé la colle. Mais ça marchais pas; en plus je suis tombée malade. J’ai commencé à consulter le médecIn et je le voyais trop régulièrement à mon goût. Mon goût c’était le goût Qu’avaient tes vers de rouge. Et je me suis saoulée avec eux. Et j’ai tout cassé pour eux. Et j’ai pleuré pour eux. Je te l’avais écrit, j’ai merdé.

En fin de compte, j’ai éteint mon ordinateUr. Et tu sais quoi ? Je n’Ecris plus pour toi.

M E P H I S T O P H E L I Q U E

Shuu-Chan ©

Published in: on 21 septembre 2009 at 1:13    Laisser un commentaire  

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